MEMORANDUM
de SOS Kauwberg - Uccla Natura au prochain collège ucclois
Les
points que nous mettons en avant ci-dessous pour attirer l’attention de
nos futurs mandataires ont
le soutien de la majorité des associations de défense de la nature à
Bruxelles, membres de Bruxelles Nature.
·
Réalisation des
maillages vert et bleu prévus par les PRAS et PRD.
Nous
demandons qu’une plus grande attention soit apportée par la Commune à
la conservation ou à la réalisation des maillages vert et bleu. Que
l'assainissement des trois cours d'eau ucclois et de leurs affluents soit
une priorité et soit coordonné avec les mesures préventives contre les
inondations. Que les projets urbanistiques tiennent compte aussi de
l’importance de la conservation d’éléments naturels du paysage qui
de par leur nature ou leur fonction sont essentiels à la migration et à
la survie des espèces ou habitats. Nous
demandons que les eaux de sources d'abord, les eaux pluviales ultérieurement
rejoignent le réseau hydrologique de surface.
·
Mesures préventives aux inondations.
Nous
demandons la création ou l'aménagement de zones vertes inondables ayant
la fonction de réservoir des pluies excédentaires et participant au
maillage vert et bleu dans les vallées.
Nous souhaitons un moratoire vis à vis de toute réalisation urbanistique
dans les vallées et vis à vis des minéralisations importantes sises sur
les plateaux tant que les mesures préventives aux inondations ne seront
pas effectives.
·
Mise en œuvre et suivi des zones Natura
2000.
Nous invitons les
autorités communales à informer la population de l’importance des
zones spéciales de conservation et de la nécessité de préserver la
biodiversité (au moyen de panneaux informatifs, par exemple de ne pas y déverser
leurs déchets de jardin ou de ne pas quitter les sentiers), de
veiller au respect des objectifs de protection écologique lors de
l’aménagement des zones proprement dites ou des zones contiguës.
·
Protection et
soutien à la conservation et à la gestion des zones vertes du PRAS/PRD.
Il y a actuellement un vide législatif assurant la
gestion effective de l’affectation d’une zone en zone verte. Il
faudrait une attitude en urbanisme, une réglementation communale prévoyant
des sanctions pour tout type d’atteinte aux zones vertes (actuellement,
seuls les cas les plus flagrants font éventuellement l’objet de
poursuites, mais ceux-ci aboutissent rarement à la remise en état
naturel des lieux) et surtout des incitants à la mise en œuvre de
celles-ci (incitants fiscaux, aide communale pour la gestion, …).
Nous souhaiterions que la Commune se
dote de moyens financiers suffisants pour pouvoir mener une politique plus
efficace et plus responsable par l’acquisition de zones vertes comme
celle du Broek, par exemple.
·
Meilleure considération des sites désignés pour
leur valeur biologique et paysagère.
Certaines
parties de sites désignés de fait sur les plans régionaux pour leur
valeur biologique et paysagère sont actuellement affectées au PRAS en
zone d’industrie ou d’habitat. Nous demandons que des PPAS les
affectent, si possible totalement, en zones vertes (plateau Engeland,
plaine du Bourdon, par exemple).
·
Respect strict des zones vertes de haute valeur
biologique du PRAS et des zones classées.
S’il ne s’agit pas pour nous de remettre en
doute la valeur multifonctionnelle des sites semi-naturels, il s’agit néanmoins
de rappeler que ces sites ont pour fonction essentielle la conservation
des habitats pour la flore et la faune indigènes
et que la définition même du PRAS y interdit « les actes et
travaux qui ne sont pas nécessaires à la protection active ou passive du
milieu naturel ou des espèces ».
Ce prescrit est parfois oublié
dans certaines études et projets aménagements, comme ceux imaginés au
bois de Verrewinkel, par exemple. D'autres zones vertes classées ne font
pas l'objet d'une gestion appropriée, la propriété Delvaux, par
exemple.
En cas de travaux nécessaires à la protection du milieu naturel dans la
zone verte de haute valeur biologique, l’avis conforme de spécialistes
de la conservation de la biodiversité et/ou des services compétents de
l’IBGE nous semble indispensable.
·
Un plan de gestion pour la flore du cimetière classé
du Dieweg à Uccle.
Le
cimetière du Dieweg est classé depuis bientôt 10 ans (arrêté
du16-01-1997) mais n'est toujours pas accompagné d'un plan de gestion
pour assurer sa protection biologique. En attendant les épandages
d'herbicides sur les allées et pourtours se poursuivent …
·
Préservation des intérieurs d’îlots.
Les intérieurs d’îlots représentent une partie
très importante (40 %) des espaces verts à Bruxelles et jouent donc un rôle
essentiel dans le maillage écologique. Malgré les bonnes dispositions prévues
par le PRAS qui protègent les intérieurs d’îlot et demandent qu’ils
soient de qualité, nous constatons que l’état général de ceux-ci se
détériorent, ils continuent à s’urbaniser et à se minéraliser. Nous
souhaitons au niveau communal une rigoureuse prise de conscience de ce phénomène
face aux dégâts intervenus ces dernières années. Nombreux sont les intérieurs
d'îlots qui ont été lotis depuis l'adoption du PRAS, ils sont autant
d'atteintes à la biodiversité, mais aussi à leur rôle de filtre de
l'air et des pollutions, joués par
ces masses végétales. Rappelons que si le PRAS a affecté d’office en
zone d’habitation les espaces verts de fait et les friches de moins
d’un hectare, il a laissé aux communes la faculté de maintenir ces
espaces « en vert » par la prescription O.2 qui permet de
conserver des espaces verts dans toutes les zones, sans restriction,
notamment pour la réalisation du maillage vert. Dans ce cadre légal,
nous demandons la protection des zones humides en intérieurs d'îlots qui
ont été ignorées par différents plans urbanistiques : par exemple, la
zone marécageuse à iris jaune entre l'av. Coghen et la rue du Doyenné
traversée par un affluent sans nom de l'Ukkelbeek et où plusieurs mares
et petits étangs non répertoriés existent encore (à l'arrière de l'école
du centre et de la cure - entre autre). A défaut d'une protection prévue
par le PRAS, de telles zones doivent faire l'objet à tout le moins d'un
PPAS précisant leur destination.
·
Préservation des potagers.
Cette
fonction sociologiquement importante est de plus en plus mise à mal.
Plusieurs zones potagères uccloises ont été loties, notamment dans le
quartier du Melkriek.
Nous demandons que la Commune prenne les mesures nécessaires pour assurer
la pérennité de cette activité. (pourcentage du territoire communal
affecté sur le long terme à cette fonction, promotion du jardinage
biologique, aménagement esthétique et de qualité car
non-provisoire,…)
·
Mise en place au niveau communal d’un système de
subventionnement des associations de défense de l’environnement à
partir de critères stricts relatifs à leurs actions de gestion des
espaces verts
et à leurs activités pédagogiques.
A
partir du moment où des associations sont déjà subsidiées par la
Commune, il paraît souhaitable que ce système de subventionnement soit
indépendant de l’état des relations des dites associations avec les
pouvoirs publics. Il ne s'agit pas ici d'inciter la Commune à subsidier
des associations qui ne la sollicitent pas mais bien d'établir des critères
stricts avant tout subventionnement.
·
Mesure urbanistique favorable à l’avifaune.
Nous demandons, lors de constructions neuves ou de
rénovation de façades, qu’une mesure urbanistique soit prise qui
encouragerait l’inclusion de briques creuses pouvant servir de cavités,
nichoirs pour des espèces cavernicoles en régression à Uccle comme
ailleurs à Bruxelles (Moineau, Rouge-queue, Martinets,…). La commune
peut aussi subsidier ces types de travaux ou montrer l’exemple en
l’instaurant sur des bâtiments publics, par exemple y placer
des nichoirs pour hirondelles de fenêtre ou martinets.
·
Gestion plus écologique du cimetière du
Verrewinkel.
De par sa situation géographique, le cimetière de
Verrewinkel joue un rôle important de liaison entre les zones spéciales
de conservation Natura 2000 du Kauwberg d’une part et du Plateau
Engeland d’autre part. Une flore relativement rare et spécifique des
sols sableux est encore présente au cimetière. Une gestion plus écologique
permettrait d’accroître cette fonction de relais biologique pour une
meilleure conservation des zones de conservation de la biodiversité précitées.
·
Un plan de gestion pour le vallon du
cimetière du Verrewinkel.
Ce
vallon sert actuellement de dépotoir au cimetière, il reçoit les eaux
pluviales chargées du sable des dolomies épandues sur les chemins,
celui-ci se retrouve jusque dans la réserve naturelle humide du
Kinsendael. Rappelons que ce vallon du cimetière est inscrit en zone spéciale
de conservation Natura 2000. La Commune devrait nettoyer et réhabiliter
ce vallon selon un plan de gestion établi en accord avec l’IBGE.
·
Gestion des arbres d'alignement en voirie et
abattages privés.
Utiliser la taille douce, plus respectueuse des
arbres partout ou c'est possible. Remplacer les arbres au réseau
racinaire détériorant les trottoirs et voiries plutôt que de les
tailler en chicots, comme c'est le cas pour les platanes, en plantant dans
l'interligne d'autres essences, si possible indigènes.
Interdire toute intervention de taille ou d'abattage pendant la période
de nidification des oiseaux, soit de mi-mars à septembre.
·
Préservation des talus des sentiers.
Eviter l'élargissement des
anciens sentiers aux talus riches en espèces végétales et animales.
Ceux-ci jouent le rôle de coulée verte, de couloir de communication.
Lors de la rénovation de tels sentiers veiller à préserver leur
biodiversité en évitant tout "bétonnage" inutile. Lorsque ces
sentiers sont privés, aider leurs propriétaires à établir un plan de
gestion.
·
Mesure à l'encontre des plantes invasives.
De nombreuses plantes
invasives (principalement renouées du Japon et Sakhaline, berce du
Caucase, parfois aussi les cerisiers tardifs) sont en extension sur le
territoire ucclois sans que des mesures préventives et curatives ne
soient prises. Nous demandons à la Commune d'informer et de sensibiliser
le public à cette problématique, de prendre des mesures adéquates pour
éviter la propagation, d'inciter par diverses mesures les particuliers à
intervenir à leur niveau.
·
Pesticides et
lieux publics
Nous
demandons le strict respect de la réglementation interdisant l’usage
des pesticides sur les lieux publics. La Commune peut aussi règlementer
l'utilisation de pesticides (surtout herbicides) et en interdire l'usage
le long des voies publiques, sur les trottoirs, etc., y compris les propriétés
privées accessibles au public.
Le débroussaillage chimique de sentiers, comme cela s’est encore vu au
chemin du Puits en 2005, par exemple, ne peut se justifier!
·
Rationalisation du secteur de l’eau.
Nous
demandons qu'un réseau d'égouttage séparatif soit réalisé lors de
tout travaux de placement ou de rénovation des égouts. Le secteur de
l’eau couvre trois filières bien distinctes : l’eau potable,
l’eau de pluie et les eaux usées, gérées par de multiples acteurs
(CIBE, IBDE, AED, IBGE, IBRA,…). La multiplicité des services compétents
crée une confusion qui entraîne des décisions et des interventions
incohérentes et néfastes pour la gestion écologique des cours d’eau
et des étangs. Nous demandons une réorganisation de ces filières autour
d’un acteur unique différent par filière et la coordination des
interventions.
Un
exemple actuel : dans le cadre du chantier d'égouttage Geleytsbeek-'t
Cortenbos l'IBRA n'est pas le gestionnaire du chantier, ne s'occupe que
des eaux usées et n'a pas connaissance des mesures prises pour l'égouttage
des eaux de pluies et la captation des sources.
·
Réalisation d’un plan communal de développement
de la nature, à l’instar de certaines communes wallonnes.
A la lecture de ces lignes, on mesure combien les
interventions pour la sauvegarde de la nature ont de multiples facettes.
Il serait sage de pouvoir coordonner toutes ces bonnes intentions dans un
plan global pour une bonne coordinations des actions futures. Il va de soi
que les milieux associatifs ucclois sont prêts à collaborer à cette réalisation
et aussi à des actions de gestion et de sensibilisation auprès du
public.
Les
réponses et réactions, in extenso, dans l'ordre de leur arrivée.